
L’Océan Indien demeure l’une des destinations les plus envoûtantes pour les croisiéristes en quête d’authenticité et de paysages tropicaux préservés. Entre archipels granitiques émergés d’eaux turquoise, îles volcaniques aux reliefs spectaculaires et atolls coralliens à la biodiversité exceptionnelle, cette région du globe offre une diversité d’escales incomparable. Chaque destination possède son identité propre, forgée par une histoire coloniale complexe, des influences culturelles multiples et une nature souvent endémique. Les températures agréables tout au long de l’année, combinées à des infrastructures touristiques de qualité, font de cette zone maritime un terrain de jeu idéal pour les amateurs de croisières longues durées. Découvrir ces joyaux insulaires depuis le pont d’un paquebot permet d’apprécier pleinement les contrastes saisissants entre chaque escale, tout en bénéficiant du confort et des services d’une navigation organisée.
Les seychelles : archipel granitique et sanctuaires marins protégés
L’archipel seychellois représente sans conteste l’une des destinations phares de l’Océan Indien, avec ses 115 îles dispersées sur plus d’un million de kilomètres carrés. Ces terres émergées se distinguent par leurs formations rocheuses uniques en granit rose, sculptées par l’érosion depuis des millions d’années. La protection environnementale constitue une priorité nationale, avec près de 50% du territoire terrestre classé en zones protégées. Cette politique de conservation a permis de préserver une biodiversité exceptionnelle, tant marine que terrestre. Les eaux cristallines abritent plus de 1000 espèces de poissons tropicaux, tandis que les forêts primaires hébergent des espèces endémiques comme le perroquet noir ou la roussette des Seychelles. Pour les croisiéristes, l’archipel offre une combinaison parfaite entre découvertes naturelles, activités nautiques et moments de détente sur des plages figurant régulièrement dans les classements mondiaux des plus belles étendues de sable.
Mahé et le parc national marin de Sainte-Anne
Île principale de l’archipel, Mahé accueille 90% de la population seychelloise et constitue le point d’entrée naturel pour toute croisière dans la région. Victoria, la capitale miniature, séduit par son ambiance paisible et ses vestiges coloniaux britanniques, notamment la réplique de Big Ben trônant au centre-ville. Au-delà des attraits urbains, Mahé révèle des trésors naturels remarquables, à commencer par le parc national marin de Sainte-Anne, créé en 1973 comme première aire marine protégée de l’Océan Indien. Ce sanctuaire de 14 kilomètres carrés englobe six îlots et offre des opportunités exceptionnelles de snorkeling, avec des tortues marines évoluant paisiblement entre les coraux. Le parc national du Morne Seychellois, couvrant 20% de la superficie de l’île, propose des sentiers de randonnée traversant des forêts de brume où prospèrent les arbres endémiques. L’ascension jusqu’au sommet, culminant à 905 mètres, récompense les marcheurs par un panorama embrassant l’ensemble de l’archipel.
Praslin : la vallée de mai et les plages d’anse lazio
Praslin, deuxième île de l’archipel par sa taille, abrite l’un des deux sites seychellois inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO : la Vallée de Mai.
Ce coco-fesse mythique, emblème des Seychelles, pousse au cœur d’une forêt primaire pratiquement inchangée depuis l’ère préhistorique. En parcourant les sentiers aménagés de la Vallée de Mai, vous évoluerez sous une canopée dense où les palmes géantes filtrent la lumière, créant une atmosphère quasi mystique. Des guides naturalistes expliquent l’écologie de ce milieu unique et l’importance des programmes de conservation mis en place pour lutter contre les espèces invasives et le braconnage. Après cette immersion en pleine jungle tropicale, place aux plages d’Anse Lazio et d’Anse Georgette, classées parmi les plus belles plages du monde pour leur sable farineux et leurs eaux turquoise. Ces anses abritées sont idéales pour une baignade en toute quiétude ou une session de snorkeling, avec une visibilité souvent excellente entre avril et novembre.
La digue : exploration à vélo et anse source d’argent
Plus confidentielle, La Digue séduit par son rythme nonchalant et son ambiance de carte postale. Ici, pas de grandes routes ni d’embouteillages : l’exploration se fait à vélo, que l’on loue facilement près du débarcadère. Les ruelles bordées de cases créoles, les petits commerces familiaux et les ateliers d’artisans donnent à l’île une atmosphère chaleureuse, idéale pour une halte de croisière à taille humaine. L’incontournable reste bien sûr Anse Source d’Argent, dont les blocs de granit polis par le temps semblent posés au hasard sur le sable blanc. À marée basse, le lagon se transforme en véritable piscine naturelle, particulièrement rassurante pour les familles voyageant avec des enfants.
Pour profiter pleinement de cette escale aux Seychelles, il est recommandé d’arriver tôt sur la plage afin d’éviter l’affluence des heures centrales de la journée. Les sentiers qui longent la côte permettent de découvrir des criques plus intimistes, parfaites pour un pique-nique les pieds dans l’eau. La Digue constitue également une bonne base pour observer les tortues terrestres géantes, présentes dans certains enclos ou jardins privés, et pour s’initier à la photographie de paysage. Que vous soyez adepte de farniente ou de balades contemplatives, cette petite île condensé de charme seychellois restera probablement l’un de vos plus beaux souvenirs de croisière dans l’Océan Indien.
Silhouette et north island : îles privées et conservation environnementale
À l’écart des itinéraires plus classiques, Silhouette et North Island illustrent la nouvelle philosophie du tourisme haut de gamme dans l’Océan Indien : exclusivité rime avec durabilité. Silhouette, troisième île des Seychelles par sa taille, est en grande partie classée parc national, avec un relief abrupt couvert d’une forêt tropicale encore largement intacte. L’accès se fait souvent par des navettes ou bateaux privatifs, ce qui limite naturellement la fréquentation. Les sentiers qui sillonnent l’intérieur de l’île offrent des perspectives spectaculaires sur le littoral et permettent d’observer de nombreuses espèces endémiques, des geckos colorés aux oiseaux rares.
North Island, quant à elle, est devenue emblématique des projets de restauration écologique insulaire. Autrefois dégradée par des plantations et des espèces introduites, l’île fait l’objet depuis deux décennies de vastes opérations de reboisement et de réintroduction de la faune indigène. Séjourner ou faire escale dans ce type de « sanctuaire privé » permet de comprendre concrètement comment le tourisme de luxe peut financer des programmes de conservation ambitieux. Les croisiéristes qui ont la chance d’y faire halte découvrent un modèle de développement où chaque activité, de la plongée encadrée aux excursions guidées, est pensée pour minimiser l’impact sur l’écosystème marin et terrestre.
Madagascar : mégadiversité écologique et patrimoine malgache
Véritable « continent insulaire », Madagascar est l’une des régions les plus riches au monde en matière de biodiversité endémique. Plus de 80 % des espèces animales et végétales n’y existent nulle part ailleurs, ce qui confère à une croisière autour de l’île un caractère résolument unique. Les côtes malgaches, longues de près de 5 000 kilomètres, alternent plages sauvages, baies profondes et archipels volcaniques aux mouillages préservés. L’influence des peuples arabes, africains et asiatiques se lit autant dans l’architecture des villages côtiers que dans la gastronomie et les traditions locales. Pour les passagers, chaque escale offre un mélange saisissant de rencontres humaines, de paysages tropicaux et d’observations naturalistes rarement égalé dans l’Océan Indien.
Nosy be : plongée sur les récifs coralliens et distilleries d’ylang-ylang
Nosy Be, au large de la côte nord-ouest de Madagascar, est souvent surnommée « l’île aux parfums » en raison de ses plantations d’ylang-ylang, de café et de vanille. L’escale commence généralement par une découverte des marchés locaux et des villages de pêcheurs, où l’on perçoit immédiatement la douceur de vivre malgache. Les distilleries d’ylang-ylang, ouvertes aux visites, dévoilent les secrets de cette fleur aux notes envoûtantes utilisée en parfumerie de luxe. En parcourant les collines, vous profiterez de points de vue remarquables sur la baie de Nosy Be, constellée d’îlots et de voiliers au mouillage.
Côté mer, Nosy Be est un véritable hotspot pour la plongée sous-marine et le snorkeling dans l’Océan Indien. Les récifs coralliens, encore relativement bien préservés sur certains sites, abritent mérous, poissons-papillons, tortues vertes et parfois raies manta. Entre septembre et décembre, l’île est également réputée pour l’observation des requins-baleines, ces géants placides filtrant le plancton en surface. La plupart des compagnies de croisière proposent des excursions avec clubs de plongée partenaires, un gage de sécurité et de respect de la faune marine. Pensez à réserver ces sorties à l’avance, les places étant limitées pour limiter la pression sur les écosystèmes.
Île Sainte-Marie : observation des baleines à bosse et cimetière des pirates
Sur la côte est de Madagascar, l’île Sainte-Marie – ou Nosy Boraha – attire par son atmosphère paisible et son histoire singulière. De juillet à septembre, le canal qui la sépare de la Grande Île devient un véritable couloir de migration pour les baleines à bosse venant se reproduire en eaux chaudes. Les sorties d’observation, strictement encadrées, permettent d’approcher ces mammifères impressionnants dans de bonnes conditions, tout en respectant les distances imposées par la réglementation. Assister à un saut de baleine ou à un ballet de caudales au coucher du soleil fait incontestablement partie des moments forts d’une croisière dans l’Océan Indien.
L’héritage historique de Sainte-Marie se découvre notamment au cimetière des pirates, vestige d’une époque où l’île servait de base arrière aux flibustiers opérant dans l’Indien. Les tombes, certaines ornées de crânes et tibias croisés, nourrissent l’imaginaire des voyageurs et rappellent le rôle stratégique de la région sur les routes commerciales. Les villages de l’île, avec leurs maisons en bois colorées et leurs pirogues alignées sur le rivage, offrent une immersion authentique dans le quotidien malgache. En combinant sorties en mer, balades à vélo et visites culturelles, vous tirerez pleinement parti de cette escale encore largement préservée du tourisme de masse.
Nosy iranja : banc de sable blanc et sanctuaire de tortues marines
Nosy Iranja, souvent mise en avant sur les brochures de croisière en Océan Indien, est en réalité composée de deux îlots reliés par un spectaculaire banc de sable blanc découvrant à marée basse. Vue du ciel, la langue de sable semble flotter entre deux eaux turquoise, offrant un décor presque irréel. À marée haute, l’isthme disparaît, donnant l’illusion de deux îles séparées perdues au milieu de l’océan. Les croisiéristes apprécient particulièrement ce site pour ses possibilités de baignade et de snorkeling, l’eau y étant généralement calme et d’une clarté exceptionnelle.
Nosy Iranja est aussi un site de ponte important pour les tortues marines, principalement les tortues imbriquées et vertes. Des associations locales travaillent en étroite collaboration avec les communautés de pêcheurs pour protéger les nids et sensibiliser les visiteurs aux bonnes pratiques. En tant que passager, vous jouez un rôle dans cette préservation en respectant les zones balisées et en limitant l’éclairage nocturne sur les plages. Pour prolonger l’expérience, de petites randonnées permettent d’atteindre le phare et les hauteurs de l’île, d’où l’on jouit d’une vue à 360° sur les lagons environnants et les autres îlots de l’archipel malgache.
Archipel des mitsio : formations karstiques et snorkeling en eaux cristallines
Au nord-ouest de Nosy Be, l’archipel des Mitsio séduit les amateurs de nature intacte et de mouillages confidentiels. Ses îlots volcaniques et ses pitons rocheux aux formes découpées émergent de lagons aux dégradés de bleu et de vert. L’un des sites les plus emblématiques, les « Quatre Frères », présente des colonnes basaltiques spectaculaires, vestiges d’anciennes coulées de lave sculptées par l’érosion. Ces formations karstiques créent des tombants vertigineux qui font le bonheur des plongeurs confirmés, mais aussi des snorkeleurs, tant la vie sous-marine y est dense dès les premiers mètres de profondeur.
La faible densité de population et l’éloignement des grandes infrastructures hôtelières font des Mitsio une escale privilégiée pour les croisières en voilier ou en catamaran. Les eaux y sont en général calmes pendant la saison sèche, de mai à novembre, ce qui facilite les mouillages forains et les débarquements en annexe. En revanche, cette relative isolation implique une préparation plus rigoureuse : il est conseillé de vérifier les conditions météorologiques, de privilégier les excursions encadrées et de respecter scrupuleusement les consignes de sécurité à bord. À ce prix, vous aurez le sentiment de naviguer dans un véritable jardin marin, loin des routes touristiques les plus fréquentées de l’Océan Indien.
Maurice et rodrigues : fusion culturelle et lagons turquoise
Situées à l’est de Madagascar, l’île Maurice et Rodrigues forment un duo complémentaire pour les croisières en Océan Indien. La première, plus développée, offre une palette complète de services touristiques, d’infrastructures balnéaires et d’activités sportives, le tout sur fond de métissage culturel créole, indien, africain et européen. La seconde, restée plus sauvage, séduit par son authenticité, ses reliefs doux et son lagon immense ponctué d’îlots coralliens. Naviguer d’une île à l’autre permet de mesurer concrètement la diversité des paysages et des ambiances au sein d’un même archipel.
Port-louis et le marché central : patrimoine colonial franco-britannique
Port-Louis, capitale de l’île Maurice, constitue souvent la porte d’entrée des croisières dans la région. Nichée entre l’océan et un amphithéâtre de montagnes basaltiques, la ville conserve de nombreux témoignages de son passé colonial français puis britannique. En flânant dans le centre, vous croiserez la maison du gouverneur, les bâtiments administratifs anciens et quelques demeures créoles préservées, autant de témoins d’une histoire marquée par le commerce du sucre et les routes maritimes. Le front de mer du Caudan Waterfront, modernisé, concentre boutiques, restaurants et espaces de promenade prisés des habitants comme des visiteurs.
Le marché central de Port-Louis est un passage obligé pour s’imprégner de l’âme mauricienne. Sous la grande halle, étals de fruits tropicaux, épices, encens, artisanat et stands de street food composent un tourbillon de couleurs et de parfums. Vous pourrez y déguster des spécialités telles que les dholl puri, les gâteaux piments ou les rotis, reflet de l’influence indienne dans la gastronomie locale. Pour profiter sereinement de cette escale, prévoyez des vêtements légers, une bouteille d’eau et un peu de monnaie locale pour vos achats, la plupart des petits vendeurs n’acceptant pas la carte bancaire. Port-Louis constitue enfin un excellent point de départ pour des excursions vers les plantations de thé, les jardins botaniques de Pamplemousses ou les temples hindous de l’intérieur de l’île.
Grand baie et Trou-aux-Biches : sports nautiques et vie nocturne balnéaire
Sur la côte nord de Maurice, Grand Baie est devenue au fil des ans la principale station balnéaire de l’île. Sa large baie protégée, constellée de bateaux de plaisance, offre un cadre idéal pour les activités nautiques : ski nautique, parachute ascensionnel, balade en bateau à fond de verre ou sortie en catamaran vers les îlots du nord. Les croisiéristes qui y font escale apprécient la facilité d’accès aux plages, aux centres de plongée et aux boutiques, le tout dans un rayon relativement restreint. En fin de journée, les bars et restaurants en bord de mer s’animent, créant une ambiance festive et cosmopolite.
Non loin de là, Trou-aux-Biches propose une alternative plus paisible, avec une longue plage bordée de filaos et un lagon particulièrement propice au snorkeling. Les récifs frangeants abritent une belle variété de poissons tropicaux, accessibles même aux débutants avec un simple masque et tuba. La faible profondeur et la clarté de l’eau en font un spot apprécié des familles et des photographes sous-marins. Si vous envisagez des activités de plongée pendant votre croisière en Océan Indien, cette région de Maurice constitue un excellent choix, avec de nombreux sites accessibles à moins de 20 minutes de navigation.
Île aux cerfs : excursions catamarans et parcours de golf maritime
Sur la côte est mauricienne, l’île aux Cerfs est l’une des excursions phares proposées aux passagers des croisières. Accessible uniquement par bateau, elle est entourée d’un lagon peu profond aux nuances de bleu presque irréelles. Les excursions en catamaran incluent généralement navigation côtière, baignades dans les eaux turquoise, barbecue à bord ou sur la plage et temps libre sur l’île. Les plus sportifs peuvent s’essayer au kayak, au paddle ou au parachute ascensionnel, tandis que les amateurs de détente préfèreront simplement profiter du sable fin et de l’ombre des filaos.
Particularité de l’île aux Cerfs, un parcours de golf 18 trous dessiné en bord de lagon attire les passionnés de la discipline. Jouer ici, avec l’océan en toile de fond et les alizés comme partenaire de jeu, est une expérience à part entière. Vous n’êtes pas golfeur ? La simple balade sur les sentiers aménagés offre déjà de très beaux points de vue sur la côte est mauricienne et sur la barrière de corail au large. Pour éviter l’affluence des heures de pointe, il est judicieux de privilégier une arrivée en milieu de matinée ou en début d’après-midi, surtout durant la haute saison touristique de novembre à avril.
Rodrigues : authenticité créole et réserve françois leguat
À environ 600 kilomètres à l’est de Maurice, Rodrigues semble suspendue dans le temps, loin du tumulte des grandes stations balnéaires. Son lagon immense, presque deux fois plus vaste que la surface de l’île elle-même, est parsemé d’îlots et de passes qui se découvrent à marée basse. Les croisières qui y font halte proposent souvent des sorties en pirogue traditionnelle ou en petit bateau vers les îlots aux oiseaux, véritables sanctuaires ornithologiques. À terre, l’ambiance est résolument créole, avec des villages colorés, des marchés modestes mais animés et une population réputée pour son accueil chaleureux.
La réserve François Leguat, située au sud-ouest de l’île, illustre l’engagement de Rodrigues en faveur de la restauration de son patrimoine naturel. On y a réintroduit des tortues terrestres géantes et replanté des milliers d’arbres indigènes afin de reconstituer les paysages qui couvraient autrefois l’île. La visite des grottes calcaires et des sentiers botaniques permet de mieux comprendre l’histoire géologique et écologique de cette petite terre volcanique. Pour les croisiéristes en quête d’authenticité, Rodrigues offre un visage plus intime de l’Océan Indien, où la vie s’écoule au rythme des marées et des fêtes de village.
Les maldives : atolls coralliens et stations balnéaires sur pilotis
Égrenant plus de 1 000 îles coralliennes réparties en une vingtaine d’atolls, les Maldives représentent l’un des plus beaux exemples d’architecture naturelle lagunaire au monde. Vue depuis le pont d’un bateau, la succession d’anneaux turquoise sertis dans le bleu profond de l’océan évoque un collier de perles posé sur l’eau. Les températures y restent stables toute l’année, oscillant entre 26 et 30 °C, avec une saison plus sèche de novembre à avril généralement privilégiée pour les croisières. Si le pays est célèbre pour ses résorts sur pilotis, découvrir les Maldives en bateau offre une liberté supplémentaire, permettant de passer d’un atoll à l’autre et de varier les expériences de plongée, de snorkeling et de rencontres locales.
Malé et hulhumalé : architecture islamique et marchés aux poissons locaux
Malé, la capitale, est souvent la première image que l’on a des Maldives : une petite île densément urbanisée, couverte de bâtiments colorés. Loin des clichés de bungalows sur pilotis, elle donne un aperçu de la vie quotidienne des Maldiviens, avec ses écoles, ses mosquées et ses marchés animés. La Grande Mosquée du Vendredi et son centre islamique attenant dominent l’horizon et témoignent de l’importance de la religion dans cet État insulaire. En vous promenant à pied – la ville est compacte – vous découvrirez un réseau de ruelles bordées de boutiques, de cafés et de petits restaurants fréquentés principalement par les locaux.
Le marché au poisson de Malé, situé près du port, constitue un passage obligé pour qui souhaite comprendre l’économie maldivienne, fortement dépendante de la pêche et du tourisme. Thons, carangues et autres prises du jour y sont débarqués en fin d’après-midi dans une effervescence bon enfant. Non loin, le marché aux légumes et fruits importe une touche de verdure dans ce décor urbain compact. Hulhumalé, île artificielle voisine reliée par un pont, accueille l’aéroport international et de plus en plus d’hébergements. Elle offre une plage urbaine agréable pour une première baignade avant d’embarquer pour votre croisière au cœur des atolls.
Atolls de baa et ari : raies manta et requins-baleines en plongée dérivante
Les atolls de Baa et Ari figurent parmi les destinations favorites des plongeurs à la recherche de rencontres exceptionnelles avec la grande faune marine de l’Océan Indien. L’atoll de Baa, classé réserve de biosphère par l’UNESCO, abrite la fameuse baie d’Hanifaru, où se rassemblent chaque année des dizaines de raies manta et parfois des requins-baleines pour se nourrir de plancton. Les croisières de plongée, ou « liveaboards », organisent des itinéraires saisonniers pour maximiser les chances d’observation, en tenant compte des courants et des marées. Les plongeurs évoluent souvent en dérive, se laissant porter par les flux tout en observant ce ballet sous-marin impressionnant.
L’atoll d’Ari, quant à lui, est réputé pour la grande diversité de ses sites, accessibles aussi bien aux débutants qu’aux plongeurs chevronnés. Les passes, thilas (monts sous-marins) et tombants abritent bancs de carangues, requins gris de récif, tortues imbriquées et myriades de poissons de récif. De nombreuses croisières combinent Baa et Ari sur une même semaine, créant ainsi un itinéraire équilibré entre plongées techniques et snorkeling plus tranquille. Pour profiter pleinement de ces escales, pensez à emporter un certificat médical de non-contre-indication à la plongée et à vérifier les exigences de votre compagnie de croisière en matière d’assurance spécifique.
Résorts isolés : overwater bungalows et expériences gastronomiques sous-marines
Impossible d’évoquer une croisière aux Maldives sans mentionner les résorts privés, souvent installés sur de minuscules îles coraliennes entourées de lagons translucides. Certains programmes de croisière prévoient une nuit ou une journée d’excursion dans ces établissements d’exception, permettant de goûter au charme des bungalows sur pilotis. Endormir au-dessus de l’eau, bercé par le clapotis des vagues, offre une perspective différente de la vie en mer, plus intimiste et contemplative. Les résorts haut de gamme proposent des villas avec piscines privées, accès direct au lagon et services de majordome, pour une parenthèse résolument luxueuse.
Outre l’hébergement, ces îles-hôtels se distinguent par leurs expériences gastronomiques innovantes, parfois littéralement sous-marines. Plusieurs établissements possèdent des restaurants installés dans des tunnels vitrés au cœur du récif, où l’on peut dîner tout en observant poissons, raies et tortues évoluer à quelques centimètres des tables. Même si ces expériences ont un coût, elles marquent durablement les voyageurs, tant par le cadre que par la qualité des mets, souvent axés sur les produits de la mer et les influences culinaires asiatiques. Dans le cadre d’une croisière en Océan Indien, une escale dans un de ces résorts permet de varier les plaisirs, en combinant découvertes itinérantes et séjour statique ultra-confortable.
La réunion : île volcanique et cirques montagneux classés UNESCO
Département français de l’Océan Indien, La Réunion offre un contraste saisissant avec les atolls bas et coralliens des Maldives ou les îles granitiques des Seychelles. Dominée par deux massifs majeurs – le Piton de la Fournaise et le Piton des Neiges – elle présente un relief tourmenté, entaillé de cirques profonds et de vallées luxuriantes. Ce « morceau d’Auvergne tombé dans l’océan », selon une célèbre formule, combine infrastructures modernes et nature sauvage, route littorale et sentiers escarpés, plages de sable noir et forêts primaires. Pour les croisiéristes, une escale à La Réunion est l’occasion de découvrir un patrimoine naturel inscrit à l’UNESCO, tout en bénéficiant du confort administratif d’un territoire européen.
Piton de la fournaise : volcanisme actif et sentiers de randonnée technique
Le Piton de la Fournaise, l’un des volcans les plus actifs au monde, constitue l’icône géologique de l’île. Situé dans le sud-est, il culmine à plus de 2 600 mètres et offre un paysage lunaire saisissant, fait de coulées de lave solidifiées, de cratères récents et de scories rouge sombre. Depuis le littoral, des routes panoramiques mènent jusqu’au Pas de Bellecombe-Jacob, principal point de départ des randonnées vers l’enclos Fouqué. Ceux qui disposent de suffisamment de temps lors de leur escale peuvent s’engager sur les sentiers balisés – sous réserve de l’absence d’éruption en cours – pour approcher les cratères secondaires.
Le volcan constitue une véritable « salle de classe à ciel ouvert » pour comprendre la dynamique des points chauds et la formation des îles volcaniques de l’Océan Indien. Des visites guidées, menées par des accompagnateurs en montagne, permettent d’aborder l’histoire éruptive récente et les mesures de surveillance mises en place par l’Observatoire volcanologique. Pour les croisiéristes, il est essentiel de bien gérer le temps à terre : comptez au minimum une demi-journée pour une excursion panoramique et une journée complète pour combiner route, randonnée et visites de coulées récentes. Des vêtements chauds et des chaussures de marche sont vivement recommandés, les températures pouvant chuter rapidement en altitude.
Cirque de mafate : villages ilet et héliportage d’accès isolé
Le cirque de Mafate, accessible uniquement à pied ou par hélicoptère, symbolise l’âme sauvage de La Réunion. Entouré de remparts vertigineux, ce cirque a longtemps servi de refuge aux esclaves marrons et conserve aujourd’hui encore un caractère isolé. De petits villages, appelés îlets, y sont disséminés sur des plateaux et des éperons rocheux, reliés entre eux par un réseau dense de sentiers. Pour les passagers en croisière, il est difficile d’y passer la nuit, faute de temps, mais certaines excursions combinent survol en hélicoptère et escale brève dans un îlet accessible, offrant un aperçu saisissant de ce territoire hors du temps.
Le contraste entre la modernité du port de Pointe-des-Galets et la rusticité de Mafate est particulièrement frappant. Sur place, pas de route, pas de voitures, l’approvisionnement se faisant encore en grande partie par héliportage, d’où un rapport au temps et à la consommation totalement différent. Cette singularité explique pourquoi le cirque, comme les deux autres grands cirques de l’île, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Si vous disposez d’une journée entière à La Réunion lors de votre croisière, envisager une randonnée encadrée ou un survol aérien de Mafate est une excellente manière de comprendre la dimension montagnarde de l’île, souvent méconnue des voyageurs qui ne fréquentent que le littoral.
Saint-gilles-les-bains : station balnéaire et plongée sur l’herminie
Sur la côte ouest, Saint-Gilles-les-Bains fait office de principale station balnéaire de La Réunion. Son lagon, protégé par une barrière de corail, offre des conditions de baignade idéales, avec une eau claire et calme, notamment sur les plages de l’Ermitage et de la Saline. De nombreux restaurants, bars et boutiques bordent le front de mer, créant une ambiance conviviale qui contraste avec l’âpreté des reliefs intérieurs. Pour les croisiéristes, une escale à Saint-Gilles permet de combiner découverte du lagon, shopping et restauration dans un cadre agréable et bien équipé.
Les amateurs de plongée sous-marine et de snorkeling apprécieront particulièrement les sorties sur l’épave de l’Herminie, un ancien navire coulé volontairement pour servir de récif artificiel. Située à une profondeur accessible, elle attire une faune abondante : barracudas, poissons-coffres, murènes et tortues vertes fréquentent régulièrement les lieux. Plusieurs clubs de plongée, habitués à accueillir des passagers de croisière, proposent des sorties adaptées à tous les niveaux, y compris des baptêmes. En complément, des excursions d’observation des dauphins et des baleines à bosse (en saison, de juin à octobre) sont organisées au départ du port de plaisance, complétant ainsi l’éventail d’activités marines possibles en une journée.
Zanzibar et pemba : épices swahilies et architecture stone town
Au large de la Tanzanie, l’archipel de Zanzibar constitue un carrefour historique entre Afrique, monde arabe et Asie, façonné par des siècles de commerce des épices et d’échanges maritimes. Sa capitale, Stone Town, est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO pour son architecture et son plan urbain caractéristiques, témoignages d’une période où la ville était au cœur des routes de l’Océan Indien. Les plages du nord, comme Nungwi et Kendwa, rivalisent de beauté avec celles des Seychelles ou des Maldives, tandis que l’île voisine de Pemba séduit par son authenticité et ses fonds marins préservés. Intégrer Zanzibar et Pemba dans un itinéraire de croisière permet de compléter le panorama des cultures et paysages de l’Indien occidental.
Stone town : palais des sultans et portes sculptées zanzibarites
Stone Town, labyrinthe de ruelles étroites bordées de maisons en corail et en pierre, évoque immédiatement les récits des grands explorateurs et des marchands arabes. Les façades, parfois décrépies, arborent de magnifiques portes en bois sculpté, aux motifs géométriques et floraux, qui constituent l’un des symboles de la ville. En flânant dans ce dédale, vous croiserez le vieux fort, la Maison des Merveilles, le Palais du Sultan et d’anciennes demeures marchandes transformées en hôtels ou musées. La dimension historique de Stone Town, marquée aussi par la traite des esclaves, se découvre lors de visites guidées qui replacent ces lieux dans leur contexte.
Les marchés d’épices, les échoppes de tissus et les étals de fruits tropicaux rappellent que Zanzibar reste une île aux parfums puissants, surnommée à juste titre « l’île aux épices ». Une escale en croisière est l’occasion idéale pour participer à une excursion dans une plantation, où l’on découvre la culture du clou de girofle, de la cardamome, de la cannelle ou de la vanille. Vous pourrez également déguster des plats typiquement swahilis, mélange subtil d’influences indiennes, arabes et africaines, à base de poissons, de riz parfumé et de sauces épicées. La soirée venue, les jardins de Forodhani se transforment en immense marché de street food, très prisé des habitants et des visiteurs.
Nungwi et kendwa : plages de sable blanc et boutres traditionnels
À l’extrémité nord de l’île principale de Zanzibar, les plages de Nungwi et Kendwa sont devenues au fil des années des incontournables pour les voyageurs en quête de sable blanc et d’eaux turquoise. Le littoral y est bordé de palmiers et de quelques formations rocheuses qui ajoutent du relief au paysage sans nuire à la baignade. Les marées, moins marquées que sur la côte est, permettent de se baigner quasiment toute la journée, ce qui en fait un atout supplémentaire pour une escale de courte durée. De nombreux établissements de toutes catégories se succèdent le long de la plage, proposant bars, restaurants, centres de plongée et activités nautiques.
Les boutres traditionnels, ces voiliers en bois à gréement arabe, ajoutent une touche pittoresque à la baie. Des excursions en dhow au coucher du soleil sont proposées aux croisiéristes, offrant un moment privilégié pour saisir la beauté du littoral zanzibarite sous une lumière dorée. Les amateurs de plongée et de snorkeling trouveront également leur bonheur, avec des sorties vers les récifs environnants où abondent poissons multicolores, tortues et parfois dauphins. Pour profiter pleinement de cette escale, il est conseillé de prévoir de la crème solaire à haute protection et un t-shirt anti-UV pour le snorkeling, le soleil étant particulièrement fort à ces latitudes.
Île de pemba : plongée sur tombants et plantations de clous de girofle
Plus au nord, l’île de Pemba reste beaucoup moins fréquentée que Zanzibar, ce qui lui permet de conserver un caractère authentique et rural. Son relief plus accidenté, parsemé de collines verdoyantes, abrite des villages dispersés et de nombreuses plantations de clous de girofle, culture emblématique de la région. Une escale à Pemba offre l’occasion de visiter ces exploitations, d’observer les différentes étapes de récolte et de séchage et de comprendre le rôle économique de cette épice dans l’histoire de l’Océan Indien. Les rencontres avec les habitants, souvent peu habitués aux grands flux touristiques, se font dans une atmosphère simple et chaleureuse.
Au large des côtes de Pemba, les tombants coralliens attirent les plongeurs avertis, réputés pour la richesse de leur faune et de leur flore sous-marines. Les courants, parfois soutenus, apportent des nutriments en quantité, ce qui favorise la présence de gros poissons, de bancs compacts et, à certaines périodes, de pélagiques. Les croisières qui incluent Pemba dans leur itinéraire s’adressent souvent à un public déjà familier de la plongée en dérive et des conditions tropicales. Pour les autres passagers, les balades en bateau le long de la côte, les baignades dans des criques isolées et les visites de villages constituent une alternative tout aussi fascinante, complétant ainsi le panorama des perles de l’Océan Indien à découvrir en croisière.